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Répression des manifestant·e·s pour la Palestine en Ariège et ailleurs ...
mercredi 19 août 2026
Répression des manifestant.es à Saint- Girons ? Samedi 8 août à saint-Girons un policier municipal, accompagné d’un quidam habillé en civil et qui semblait être son supérieur, se sont arrêtés pour nous demander de décrocher la banderole de l’association et le drapeau palestinien que nous fixons chaque semaine sur les grilles de la mairie, côté marché, en particulier depuis octobre 2023. Le policier municipal a ajouté que si nous ne le faisions pas nous, il s’en chargerait ! Nous lui avons demandé s’il possédait un document officiel du maire qui l’autorisait à agir... N’ayant pas de réponse à donner, il a simplement annoncé que la semaine suivante, SAMEDI 15 AOÛT, nous ne pourrions plus occuper cet espace...
Un cas similaire s’est produit il y a quelques semaines, peu de temps après le changement de mairie à Foix : quelqu’un se présentant comme appartenant à l’équipe municipale, a demandé aux camarades qui tractaient de retirer leurs banderoles et drapeaux. Face à leur refus, il a annoncé qu’ils et elles ne pourraient plus à l’avenir, tracter pour la Palestine sur le marché de Foix. Avertissement pour l’instant sans suites...
Devant la recrudescence des menaces et intimidations, ici comme ailleurs (entre autres et dernièrement, l’interdiction par la municipalité de Châlons sur Saône, de laisser la LDH et l’AFPS 71, participer au forum des associations de la ville !!) nous vous appelons à être à nos côtés les vendredis de 11h à midi à Foix et les samedis matins de 10h30 à midi à St- Girons. Il va de soi que si nous recevons une interdiction officielle (que nous contesterons !) nous poursuivrons notre présence régulière avec banderoles et drapeau palestiniens !
Pour la première fois depuis le 7 octobre 2023, une requête est déposée devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) afin de contester l’utilisation du délit d’« apologie du terrorisme » contre les expressions de solidarité avec la Palestine. Au-delà du cas individuel du requérant c’est toute la politique française de criminalisation, répression et censure des voix pro-palestiniennes qui est pointée du doigt ! Ayant épuisé toutes les voies de recours en France, Mohamed Makni adjoint au maire d’Échirolles à l’époque des faits devient le premier des nombreux justiciables poursuivis depuis le 7 octobre 2023 pour des propos relatifs à la question palestinienne à saisir laCEDH de la violation manifeste de l’arti- cle 10 de la Convention européenne qui protège la liberté d’expression alors qu’il s’exprimait dans le cadre d’un débat d’intérêt général. Soutenu par l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) et la Legal Team Antiraciste (LTA), qui s’associent pleinement à sa démarche et l’accompagnent dans la procédure, il est déterminé à faire reconnaître une violation manifeste de sa liberté d’expression.
À l’instar de Mohamed Makni, depuis le 7 octobre 2023, des centaines de personnes (cela avait déjà été le cas pour les coprésident.es de Couserans-Palestine après une manifestation à Foix en 2016) ont été poursuivies en France pour leur analyse des événements et/ou des expressions de solidarité avec la Palestine. Si la vague répressive a touché bien d’autres pays européens, la France est le seul État à avoir appliqué le délit d’« apologie du terrorisme » à des propos et discours portant sur la situation coloniale en Palestine. Une exception nationale déjà sanctionnée par la Cour européenne qui, en 2020, avait condamné la France pour la pénalisation des appels au boycott des produits israéliens.
Résultat ? Un renforcement massif de l’arsenal répressif, une extension continue des atteintes à la liberté d’expression et des condamnations pour de simples prises de position politiques. Rien que pour la période allant d’octobre 2023 à décembre 2024, les autorités françaises ont fait état de 1123 personnes mises en cause pour « apologie du terrorisme », dont la moitié ont été poursuivies par la justice.
Le 26 janvier 2026, cinq rapporteurs spéciaux de l’ONU ont adressé aux autorités françaises une communication officielle forte et documentée. Ils y relèvent notamment une politique pénale particulièrement répressive et la mise en cause d’un spectre extrêmement large de cibles incluant des militants, élus, responsables politiques, syndicalistes, journalistes, universitaires ... Les rapporteurs estiment enfin que l’utilisation extensive du délit d’« apologie du terrorisme » a créé un fort climat d’autocensure !
