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Nettoyage ethnique en Cisjordanie : comment Israël organise l’annexion avec l’aide des colons
Un rapport d’Amnesty International (AI)
mardi 23 juin 2026
Le 15 décembre 2024, AI publiait un rapport concluant qu’Israël était en train de commettre un génocide contre les Palestinien.nes à Gaza. Mais à Gaza le génocide continue, malgré un accord de cessez-le feu signé en octobre 2025, violé quotidiennement par Israël : le nombre de morts palestiniens tués depuis le soit-disant cessez-le feu approche le millier.
Le 10 juin 2026, AI publie un nouveau rapport intitulé Nettoyage ethnique : comment Israël organise l’annexion avec l’aide des colons. Nous vous en proposons ici une rapide synthèse.
Déplacements forcés et nettoyage ethnique : des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité
Les colons israéliens harcèlent, pillent et attaquent les populations palestiniennes, soit environ 3 millions de personnes, pour les pousser à fuir leur terre ancestrale. Les colons utilisent principalement trois tactiques pour déplacer de force les communautés palestiniennes :
* attaquer les habitations, les villages et les biens ;
* harceler, menacer et agresser physiquement les habitant.es ;
* cibler les moyens de subsistance, notamment en limitant l’accès aux pâturages ou à l’eau, en volant du bétail ou en détruisant des champs agricoles.
Loin d’être le fait de quelques colons extrémistes isolés, ces violences sont délibérément orchestrées par l’État d’Israël afin de vider la Cisjordanie de sa population palestinienne et de l’annexer à Israël. Le rapport d’AI montre comment celui-ci encourage la violence des colons qui sont financés, armés et équipés par l’Etat. L’armée et la police israéliennes sont aussi autorisées à les soutenir, voire à participer aux attaques. Le gouvernement finance aussi directement des organisations de colons impliquées dans les violences et l’expropriation des Palestinien·nes.
Depuis les accords d’Oslo, l’armée israélienne contrôle directement plus de 60 % du territoire (la zone C), où les communautés bédouines et pastorales palestiniennes sont particulièrement touchées par les exactions des colons. Entre janvier 2023 et avril 2026, 102 nouvelles colonies ont été implantées dans cette zone, et ces implantations s’accélèrent depuis, tandis que le budget annuel du ministère des Colonies augmente de 122 % , qu’aucune nouvelle autorisation de construire n’est délivrée par Israël aux Palestiniens (pas même pour des infrastructures d’approvisionnement en eau) et que plus de 3400 démolitions de structures palestiniennes ont été opérées. Dans le même temps la circulation des Palestiniens est entravée par un entrelacs de routes réservées aux colons et leur accès à la terre et à l’eau est sévèrement limité.
L’expulsion des civil·es, la destruction ou la confiscation de leurs biens sans nécessité militaire sont interdits par les Conventions de Genève. Ces actes constituent des crimes de guerre. Lorsqu’ils sont commis de manière généralisée ou systématique, ces actes peuvent aussi être qualifiés de crimes contre l’humanité.
Un climat d’impunité totale
Pourtant, face aux violences des colons israéliens, plusieurs États se sont contentés de sanctions ciblées contre certains individus ou organisations. Ces violences ne relèvent pourtant pas d’actes isolés : elles s’inscrivent dans une politique d’État, qui vise l’annexion de la Cisjordanie, nouvelle étape dans la construction du « Grand Israël » qui affecterait aussi d’autres pays de la région. Les sanctions internationales doivent donc viser l’État d’Israël lui-même.
La communauté internationale a des obligations juridiques claires : agir pour mettre fin à l’occupation illégale, au système d’apartheid et au génocide à Gaza. Aujourd’hui, son inaction persistante renforce l’impunité totale dont bénéficie Israël et contribue à encourager une campagne brutale de nettoyage ethnique en Cisjordanie.
