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La force d’une cause se mesure aussi à la force de ses principes

lundi 31 août 2026

Dans les espaces de mobilisation en faveur des droits du peuple palestinien, il arrive que certains commentaires basculent dans l’insulte, le racisme, l’antisémitisme ou la stigmatisation d’une communauté.
Il faut le dire clairement : ce n’est pas seulement une question de langage. C’est une erreur politique.
Notre combat ne porte pas contre des peuples, des religions, des origines ou des identités. Il porte contre des politiques, des systèmes de domination, des décisions gouvernementales, des structures de pouvoir et des violations documentées du droit international.
Cette distinction n’est pas secondaire. Elle est fondamentale.
Critiquer un gouvernement n’est pas attaquer un peuple.
Dénoncer une idéologie politique n’autorise pas à essentialiser ceux qui y sont associés.
Condamner les crimes d’un État ne justifie aucune haine contre une communauté.
Et la colère légitime face à l’injustice ne transforme jamais le racisme ou l’antisémitisme en arguments politiques.
Nous ne pouvons pas combat- tre la déshumanisation en déshu- manisant à notre tour.
Car chaque fois qu’un discours de justice s’égare dans les amalgames, il abandonne une partie de sa force. Il permet à ceux qui veulent détour- ner le débat de la Palestine vers les excès de certains militants de déplacer la discussion : on ne parle plus de l’occupation, de la colonisation, du blocus, des bombardements, des déplacements forcés ou du droit des Palestiniens à l’égalité et à la liberté ; on parle de nos outrances.
Ne leur offrons pas cette échappatoire
La cause palestinienne possède une force qui dépasse les apparte- nances : elle repose sur des princi- pes universels : l’égalité, la liberté, la justice, la dignité et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
C’est précisément pour cette raison qu’elle peut et doit rassem- bler des Palestiniens, des Arabes, des Européens, des Africains, des Juifs, des Israéliens, des cher- cheurs, des juristes, des militants et des citoyens de toutes origines. Notre crédibilité — notre exigence de cohérence, de sérieux et de légitimité — ne se construit pas en criant plus fort que nos adversaires. Elle se construit en étant plus précis qu’eux, plus rigoureux qu’eux et plus attachés aux principes que nous défendons.
La colère peut être légitime. L’indignation est nécessaire.
La dénonciation doit parfois être implacable.
Mais la haine n’est jamais une stratégie et l’amalgame n’est jamais un argument.