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Israël, la marche vers l’expulsion des Palestiniens
mardi 6 octobre 2026
2/3 octobre 2026
Gadi Eisenkot, parti du centre, favori des élections générales du 27 octobre en Israël a déclaré : « Ceux qui envisagent une solution à deux états, après le 7 octobre, se font des illusions. » Or ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas une « solution diplomatique » mais l’existence même du peuple palestinien, entre le Jourdain et la Méditerranée. Les forces israéliennes, trop nombreuses, qui s’efforcent de les effacer n’ont ni limites ni contraintes.
Le monde reste impassible. La gauche israélienne est minuscule, faible et aphone à force de lancer des avertissements. L’opposition anti-Netanyahou oscille entre minimisation du danger, indifférence et soutien sans réserve à l’expulsion. Le débat sur un État, deux États ou une fédération est plus théorique que jamais. Toute solution consensuelle exige la reconnaissance du problème et sa définition claire. Trop de Juifs en Israël ont été conditionnés à croire que le problème réside dans la présence même, sur cette terre d’un peuple palestinien.
Effacer tout un peuple
L’Effacement est la solution cauchemardesque qui se concrétise chaque jour : lois de la Knesset, déclarations politiques, ordres militaires, manuels scolaires, bataillons immobiliers opérant à Gaza, en Cisjordanie, dans le Neguev, tous unissent leurs efforts pour mettre en œuvre cette « solution » sans crainte de condamnation internationale. Après les avoir privés de conditions de vie dignes, la politique israélienne vise à rendre la vie insupportable aux Palesti- niens où qu’ils soient, afin que leur départ puisse être présenté comme volontaire, et non comme une expulsion.
En Israël même, les autorités lais- sent les organisations criminelles arabes s’armer et tuer des Palestiniens chez eux. En Cisjordanie, ces mêmes autori- tés laissent les colons des « bataillons de Dieu » s’armer, tuer, et expulser les Palestiniens, tandis que l’armée poursuit ses raids jour et nuit. A Gaza dévastée et assoiffée, le gouvernement israélien et l’armée alimentent des milices armées
de collaborateurs criminels tandis que les pilotes israéliens continuent de lan- cer des missiles qui fauchent la vie d’encore plus d’enfants.
En même temps, Israël détruit ou réduit considérablement la capacité des Palestiniens à gagner leur vie. A Gaza, cette mission est accomplie : une population de deux millions de « morts- vivants » dépendant de l’aide humanitaire est entassée sur environ 150 km2 de terre brûlée où Israël interdit toute reconstruction. En Cisjordanie, l’étau économique du ministère des finances israélien se resserre autour d’environ trois millions de personnes et de l’Autorité Palestinienne par le détournement systématique des recettes opéré par Israël. L’armée mène des campagnes de destruction dans les camps de réfugiés et dans les villes, empêche les paysans de cultiver leurs terres : points de con- trôle, interdictions bureaucratiques, clôtures et présence de bergers juifs israéliens. En Israël même : vol des terres et de ressources aux citoyens palestiniens d’Israël, discriminations pour l’attribution de terres, de subventions et d’emploi, interdictions de construire, démolitions d’habitations de Palestiniens.
« Une terre débarrassée des Arabes. »
Trop de forces contribuent à ce danger : la puissance militaire d’Israël, le culte du service militaire, l’attrait d’une carrière militaire et les opportunités qu’elle offre (une villa abordable ...), l’indifférence face à l’enfer sur terre qu’Israël a créé à Gaza, le déni de 60 ans d’occupation, le réflexe pavlovien « Mais le 7 octobre.. » La synergie entre l’armée, le gouvernement, les rabbins et les milices portant la kippa en Cisjordanie, la normalisation du discours sur l’expulsion, les systèmes judiciaires et scolaires entachés de racisme tant laïque que religieux, et l’armée de geôliers qui maltraitent des milliers de prisonniers palestiniens, ensemble, ces forces créent au sein de la société juive israélienne l’infrastructure matérielle, idéologique et psychologique nécessaire à une nouvelle expulsion massive des Palestiniens et à ce qui pourrait l’accompagner : un massacre de masse.
(A partir d’un article d’Amira Hass, journaliste du Haaretz)
