Accueil > Nos activités > Nos tracts > Exclusion des palestien·nes du programme Pause
Exclusion des palestien·nes du programme Pause
comment la France accueille les artistes et scientifiques de Gaza
mercredi 22 juillet 2026
Pause est un programme créé en 2017 afin d’accueillir en France des intellectuels et scientifiques en danger piloté par le Collège de France sous tutelle de quatre ministères. Mais depuis janvier 2026, ce programme a été bloqué pour les intellectuels et scientifiques originaires de Gaza.
Des palestinien·nes et plusieurs organisations ont saisi le Conseil d’État. Les requérants dénoncent une décision illégale et discriminatoire qui viole les droits fondamentaux de personnes dont la vie est menacée.
Une nouvelle ligne franchie par le gouvernement français dans sa politique d’exclusion des Palestiniens
Poursuivant la volonté manifeste du gouvernement de limiter autant que possible l’accueil de Palestinien·nes de Gaza, pourtant en droit de rejoindre la France, les quatre ministères de tutelle du Programme d’Accueil en Urgence des Scientifiques et artistes en Exil (PAUSE) — Affaires étrangères, Intérieur, Culture et Enseignement supérieur, notifiaient en janvier 2026 au Collège de France que :
• les candidatures de Palestiniens de Gaza ne seraient plus instruites
• ceux et celles dont la candidature avait déjà été validée ne recevraient pas le statut officiel de Lauréat leur permettant l’octroi d’un visa.
En clair : alors que les seuls critères officiels du programme sont « l’urgence, la qualité scientifique du candidat et l’adéquation avec l’établissement d’accueil », le gouvernement y ajoute désormais un critère : l’origine géographique du candidat. Être Palestinien·ne de Gaza suffit donc à être exclu·e.
La décision a été prise alors que déjà plus de 87 Palestinien·es de Gaza, lauréat·es ou candidat·es validé·es du programme Pause, attendent de rejoindre la France, parfois depuis plus d’un an et demi dans des conditions inhumaines et sous les bombardements quotidiens (parmi eux, l’architecte Ahmed Shamia est mort sous les bombes en attendant son évacuation).
Elle est le reflet d’un traitement politique français particulièrement inquiétant des Palestinien·es qui s’est déjà illustré à de multiples reprises depuis le début du génocide : non-respect des engagements de la France dans l’accueil des enfants malades ou blessés, refus d’évacuer des enfants mineurs de parents se trouvant en France, résistance à faire évacuer les familles dans le cadre du droit à la réunification familiale, refus d’étudiant·es admis·es dans les universités françaises, punition collective par la suspension en août 2025 de toutes les opérations d’évacuation, etc. et désormais, exclusion des Palestinien·nes de Gaza du Programme Pause.
C’est une première depuis la création du Programme en 2017 qui a bénéficié à plus de 700 personnes en danger (Afghan·es, Ukrainien·nes, Russes, Syrien·nes, Iranien·nes, Yéménites, etc.). La France prétend qu’il est impossible d’évacuer alors même que des évacuations vers ld’autres pays se poursuivent.
Face à cette décision consternante, plusieurs démarches ont été entreprises pour appeler l’exécutif à revoir sa position. En vain.
C’est dans ce contexte qu’une trentaine de Palestinien·nes lauréat·es du programme Pause et plus de 15 organisations culturelles et de défense des droits humains viennent de déposer un recours en référé devant le Conseil d’État pour attaquer la décision du gouvernement : aucun dispositif public ne peut exclure une population en raison de son origine et aucun État de droit ne peut se résigner à l’abandon des victimes d’un génocide au sort qui leur est infligé.
