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Grand rassemblement à Tel-Aviv pour la fin de l’occupation

Près de 10 000 personnes étaient réunies à l’occasion du 50e anniversaire qui sera célébré au début du mois de juin.
LE MONDE | • Mis à jour le | Par Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

En Israël, le camp de la paix n’a pas de véritable leader, ni de stratégie claire, mais il se fait enfin entendre. Près de 10 000 personnes se sont réunies samedi 27 mai sur la place Rabin, à Tel-Aviv, à l’occasion du 50e anniversaire de l’occupation qui sera commémoré au début de juin. La soirée, organisée par plusieurs organisations dont La Paix maintenant, visait à donner de la voix aux partisans de la solution à deux Etats, à un moment diplomatique important. Les 22 et 23 mai, Donald Trump s’est rendu à Jérusalem et à Bethléem pour rencontrer Benyamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas. L’administration américaine attend des gestes des deux leaders, afin de faciliter une reprise des négociations directes.
Le rassemblement samedi soir a vu affluer les orphelins de la paix, refusant d’en faire le deuil, croyant possible le renouveau de la solution à deux Etats, que la droite nationale religieuse veut enterrer à jamais. Un message transmis par Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, a été lu au public.
« Le temps est venu de vivre, vous et nous, en paix, en harmonie, en sécurité et dans la stabilité. La seule façon de mettre un terme au conflit et au combat contre le terrorisme dans la région et dans le monde entier est la solution à deux Etats, basée sur les frontières de 1967, avec la Palestine aux côtés d’Israël. »
Des sifflets pour le chef du parti travailliste
A la tribune se sont succédé des représentants de la société civile, des chanteurs et des leaders politiques de gauche. Des sifflets ont accueilli l’entrée en scène d’Isaac Herzog, le chef de file du parti travailliste. Outre son faible charisme, celui-ci est accusé par beaucoup de militants de courir après l’électorat du centre droit et d’être un partisan honteux d’un Etat palestinien, adoptant la rhétorique sécuritaire du Likoud. Depuis près de deux ans, à intervalles réguliers, comme c’est encore le cas actuellement, la presse rapporte des rumeurs sur des tractations en coulisses entre MM. Nétanyahou et Herzog, en vue de la constitution d’un gouvernement élargi, pour conduire de nouvelles négociations de paix.
A la tribune, Isaac Herzog a rejeté cette hypothèse. Il a appelé à la formation d’un bloc électoral « qui veut un Etat sioniste, juif, démocratique, avec l’égalité assurée aux minorités et une ouverture à la diversité d’opinion. » Il souhaite que ce bloc puisse inclure les centristes du parti Yesh Atid, de Yair Lapid, ainsi que ceux de Moshe Kahlon, actuel ministre des finances. Selon un sondage publié ce week-end, Le Likoud obtiendrait 30 sièges (sur 120 à la Knesset), en cas d’élections anticipées, soit son score de 2015. Le parti travailliste plafonne à 12 sièges, derrière la Liste arabe unie (13) et Yesh Atid (22). Malgré les multiples scandales de corruption qui le mettent en cause, malgré l’usure du temps et la stagnation totale dans les rapports avec les Palestiniens, Benyamin Nétanyahou reste le maître du jeu politique, sans réel adversaire.
« Le peuple demande de l’espoir »
Selon cette même étude de la chaîne Channel 2 News, 47 % des Israéliens soutiennent toujours la solution deux Etats, tandis que 39 % s’y opposent. Un autre sondage, publié vendredi par le quotidien Maariv vendredi, révélait que 58 % des Israéliens espéraient une reprise des négociations entre les deux parties. Mais – réserve de taille – ils sont 78 % à douter de la possibilité d’un accord de paix dans un futur proche. « Le pessimisme est fort parce que différents cycles d’effort pour trouver une solution ont échoué, explique Isaac Herzog au Monde. Je pense que la visite de Donald Trump peut permettre de rallumer cet espoir. Elle a un fort impact psychologique. A juste titre, le président Trump veut éviter de tomber dans le piège des disputes générales sur le moindre mot et la moindre étape. Il préfère chercher un nouveau paradigme. Il s’agit d’entrer rapidement dans les négociations. »
Avi Buskila, directeur de La Paix maintenant, appelle de son côté Benyamin Nétanyahou à écouter la voix s’élevant de la place Rabin. « Notre message au gouvernement est que le peuple demande de l’espoir et un avenir, pour nous et nos enfants, dit-il. C’est le travail des leaders de ne pas se soumettre au pessimisme, mais de le combattre. »

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Mis à jour le vendredi 20 avril 2018