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L’été à Gaza

L’été à Gaza

Ziad Medoukh

7/08/2016

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L’été à Gaza n’est pas l’été d’ailleurs,

C’est un été très particulier

Un été merveilleux où surnage une beauté

Qui transperce les yeux

Un été lumineux , un été vivant

Un été ensoleillé aux nuits tranquilles

Un été plein d’espoir,

Un été doux fleurit aux rayons de chaque heure.

Mais c’est un été passionné, passionnant et bouleversé

Qui apparaît , dans le sang et la patience,

Un été que même la poésie la plus colorée

Et le grondement des textes écrits

Ne pourraient décrire,

Un été sans vacances pour les enfermés.

En été, à Gaza,

A l’horizon sans nuages et dans le ciel

L’ombre chuchote.

En été, à Gaza,

Le soleil est ardent .

Il est magnifique l’été à Gaza !

Les arbres fruitiers sont couronnés de mille fleurs

Le figuier, le raisiné , et le dattier donnent vite des fruits

A Gaza, l’été semble s’éterniser

Les soirées sont trop longues

Sans lumières, sans électricité.

Seules les étoiles tentent de briser l’obscurité

De ce morceau de terre oublié

Soumis aux atroces mesures d’une occupation

Qui aime les ténèbres et déteste la clarté.

Un occupant aveugle qui ne sait pas que

Meurt chaque jour

Celui qui brise les rêves d’un enfant innocent,

Celui qui assassine les espoirs.

L’oppresseur, il n’est pas besoin de le combattre,

Ni de l’abattre,

Il se détruit lui-même.

L’été à Gaza serait l’occasion rêvée

De mettre fin à l’assassinat du ciel,

De mettre fin au vrombissement des avions,

Ces engins qui sèment la terreur et la mort

Ces machines qui éparpillent dans le ciel

Les cadavres d’oiseaux,

Et les cerfs-volants n’y peuvent plus danser.

En été , les familles de Gaza s’activent.

C’est la saison des mariages.

La plage est comble

Et l’on boit le thé aux multiples arômes.

En cet été de Palestine qui vit de l’espérance,

Les fleurs s’ouvrent,

Un dolmen s’érige

Pour nourrir les esprits troublés.

Gaza la prisonnière, comme l’oiseau en cage,

Se souvient d’un autre été, un sombre été,

Un été meurtrier,

C’était en 2014 !

Quand la guerre a commencé,

C’était le début de l’été !

Mais la guerre ignore les saisons.

Un refrain de tragédie,

Le lancement d’une dévastation de cinquante jours,

Une guerre qui a duré longtemps, longtemps

Jusqu’à ce que l’été commence à donner des signes de faiblesse

Quand l’occupant commence l’œuvre macabre

De sa folie meurtrière.

Les combats faisaient rage,

Les bombes illuminaient le ciel

Et les missiles s’enfonçaient dans les champs

Où l’on n’entendait que le ressac des vagues

Tandis qu’ un petit vent faisait danser la lune douce.

Tout est détruit, brûlé, saccagé, même les pierres.

L’interminable spoliation d’un peuple commence.

Une terreur sans nom s’impose.

Un champ de ruines effroyable et des cœurs endeuillés

Les morts et les blessés s’accumulent,

Les destructions se multiplient…

C’est la mise en scène d’une exécution,

D’un pilonnage qui a pour but d’attiser la défiance et la haine.

Dans notre ciel aux étoiles fauves,

L’escalade est ainsi imposée dans l’horreur,

La paix est ainsi tristement amputée,

Ainsi, les massacres passent et se ressemblent,

Une mort rapide qui a remplacé la mort lente du blocus étouffant !

Des images effroyables

Gravées dans les mémoires pour toujours

L’horreur !

Nous étions là, impuissants devant la cruauté,

Devant la barbarie, devant l’inhumanité,

Avec la seule force de l’espoir

Qui n’empêchait pas, hélas !

Les immeubles de s’écouler

Et les innocents de souffrir dans leur chair

D’enterrés vivants

Sous le glaive de feu et de sang.

Lors de ce dramatique été

Une nappe de brouillard s’étendait

Sur le nord de Gaza

Et le vent soufflait vers le sud,

Quand une pluie de feu s’abattit sur la ville,

Rayant de la carte un quartier nommé Chijaya.

La peur étreignait le cœur de nos enfants .

En chaque début d’été,

Confronté à sa réalité de prisonnier

Et à ses souvenirs douloureux

Chaque palestinien de Gaza s’interroge :

Quand aurons-nous un été comme les autres étés ?

Quand retrouvons-nous la liberté ?

Quand retrouvons-nous la paix ?

Quand ? quand ?........

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Mis à jour le mardi 16 octobre 2018