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Cohen Amnon, juifs et musulmans en Palestine et en Israël des origines à nos jours,

Cohen Amnon, juifs et musulmans en Palestine et en Israël des origines à nos jours, Tallandier , histoire partagée , 2016, 252 p

Le titre ne reflète pas tout à fait la réalité. En fait, l’auteur ne parle guère des lointaines origines et son récit ne commence sérieusement qu’avec le XVI° s et l’occupation ottomane. Il dispose, dès ce moment là, de séries d’archives qui lui ont permis de travailler avec un support historique.

C’est sur cette période que j’ai pris le plus de notes. C’est la période que je connais le moins, celle qu’on connaît le moins ? Et qui me paraît importante pour comprendre les rapports entre les deux populations.

Sur le XX° s, la documentation est plus abondante et ce récit s’inscrit dans la « tradition » historique israélienne, surtout pour la période qui suit 1945. Certes, il parle des nouveaux historiens, mais ne les suit guère. Mes notes sur la période ont surtout pour but de montrer l’état d’esprit de l’auteur.

Enfin, un dernier mot : Ce livre s’inscrit dans une Collection « histoire partagée » du projet Aladin pour les rapprochements interculturels entre les mondes juif et musulman. Le principal responsable de cette collection est un musulman marocain, mais la collection semble avoir surtout pour but de présenter Israël sous son meilleur jour à un public musulman

Écrit juif avec un petit j et, pour montrer son objectivité, il écrit aussi arabe avec un a. Mais la norme, dans notre langue, est d’écrire Arabe quand le terme est pris en tant que substantif.
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> P 11. Parle de la diaspora : « Afin d’immortaliser leur victoire, les Romains ont expatrié la majorité de ses habitants juifs et rebaptisé la nouvelle entité administrative « Palestina ». La diaspora est contestée par certains historiens

P 23 « Au XII° siècle, quand la Palestine fut conquise par les croisés, elle était devenue un pays musulman, non pas tant à la suite d’un peuplement arabe, mais surtout par un long et vaste processus de conversion de la plupart des chrétiens, des juifs et des Samaritains qui vivaient dans cette région. »

P27 sqq., L’Empire ottoman

L’auteur étudie l’économie de Jérusalem à l’époque ottomane. Il s’intéresse d’abord aux bijoutiers et constate que le nombre de juifs et chrétiens dans cette activité est supérieure à leur importance dans la ville. Ces commerçants ont autant de droits que les musulmans et peuvent même être les responsables de la corporation. Pour l’auteur, leur importance est liée à la venue à Jérusalem d’un grand nombre de pèlerins de ces religions. Les juifs étaient également nombreux dans la boucherie et étaient autorisés à tuer les bêtes selon les principes religieux juifs.

Idem pour les boulangers et forgerons. Mais il faut aussi noter que le nombre des artisans juifs diminue des le XVII ° s en liaison avec la diminution globale des juifs à Jérusalem.
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On trouve des médecins parfois accusés d’incompétence par des musulmans, mais toujours blanchis par les tribunaux. Quelques autres professions encore.

Des juifs sont locataires ou propriétaires de maisons et boutiques. Ils habitent en général dans les mêmes quartiers, où ils vivent aussi au contact et en voisins de musulmans
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> Pp59 sqq aspects financiers. La situation économique des juifs se dégrade vers la fin du XVI° s et la communauté s’endette. La situation économique se dégrade en Palestine, comme dans tout l’empire ottoman et les autorités alourdissent les impôts dus par les juifs
> Les dettes sont beaucoup plus importantes pour les Ashkénazes que pour les Séfarades, qui, par ailleurs, sont beaucoup plus nombreux, surtout après leur expulsion d’Espagne . Les dettes sont contractées auprès des musulmans.

La communauté ashkénaze finit par disparaître au XVIII° s et ses biens furent récupérés par les musulmans. Pendant une centaine d’années, les Ashkénazes furent interdits de séjour à Jérusalem. La situation changea vers 1830-40 avec l’occupation de la Palestine par Mehmet Ali. Le domaine dès Ashkénazes fut rendu à ses anciens propriétaires et les Ashkénazes purent revenir à Jérusalem en 1836. « L’autorité religieuse du cadi, avec le soutien des autorités temporelles au pouvoir -égyptiennes puis ottomanes - permit aux juifs de Jérusalem de jouer à nouveau, longtemps encore, leur rôle dynamique dans la ville éternelle ».
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> P67 les juifs, minorité la plus importante de Palestine . Plus de 2000 vers 1560, puis le nombre diminue de moitié vers 1600, puis fluctua entre 1000 et 2000 jusque vers 1800. La courbe démographique juive commença alors à se redresser régulièrement
> Pendant toute cette période, les autorités ont laissé les juifs tranquilles, tant qu’ils s’acquittent de leurs impôts

« La vie ordinaire continua de se dérouler (...) sans dégradation de la situation des juifs (...) les attaques en plein jour contre les juifs ne différaient pas de celles contre les musulmans »
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> La Situation était différente la nuit et les juifs embauchaient souvent des gardes, tous musulmans.

Très peu d’accusations pour meurtre rituel et quand il y en avait, les juifs étaient blanchis par les tribunaux
> Cependant, quelques discriminations dans la vie courante , en particulier pour l’accès à l’eau en période sèche.

Le mot juif était un terme d’opprobre.

75 en règle générale, « une attitude de tolérance envers les juifs, dans la mesure où ils reconnaissaient et acceptaient leur place dans la société locale »
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76sqq « les cent dernières années » de l’Empire ottoman, en gros le XIX ° s
> Au début du XX, d’après le gouverneur de Jérusalem, les juifs sont majoritaires dans la ville. Augmentation régulière de la population juive au XIX°, atteint 11000, soit la moitié de la population totale dans les années 1870 et reste majoritaire
> 1910 : 70000 hab à Jérusalem, dont 45000 juifs

> Pendant la même période, la ville se transforme et prend un aspect international avec l’apparition des consulats, de banques et un nombre croissant de pèlerins. Dans la même période, la population juive augmente également dans les autres villes de Palestine. Il y eut même des implantations juives rurales. D’autre part, les Ashkénazes deviennent progressivement plus nombreux que les Séfarades
> La communauté juive traditionnelle, l’ancien Yichouv, essentiellement séfarade, vivait au contact des arabes musulmans et ne se différenciait guère d’eux.

Vers 1900, la situation change avec l’apparition d’un nouveau Yichouv, essentiellement issu de l’immigration ashkénaze.

Causes : poussée démographique dans le monde ashkénaze (12 millions en 1900), lois russes et polonaises incitant les juifs à partir, pogroms et attraction de la Palestine et de Jérusalem : idéologie proto-sioniste pour une renaissance nationale juive en Palestine
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> But du mouvement sioniste : obtenir le soutien du gouvernement ottoman pour s’installer. Mais ce soutien fut toujours refusé. Bien au contraire, le pouvoir turc s’efforça d’empêcher l’immigration juive et, à plus forte raison, l’achat de terres par les juifs. Les juifs n’étaient autorisés à entrer qu’ en pèlerins et pour de courtes périodes. Mais ils réussirent, la corruption aidant, à passer outre ces interdits
> Ces juifs bénéficiaient du soutien financier des juifs d’Europe en particulier les Rothschild qui achetaient des terres. De 1880 à 1900, la superficie des terres appartenant à des juifs est multipliée par 10 et elle double encore avant 1914.

L’achat de terres était un aspect indissociable de la nouvelle société que les juifs voulaient implanter. Devenir productif était « le meilleur moyen de renouveler le lien direct entre le peuple juif et la terre de ses ancêtres ».

88 ces implantations juives finissent par attirer la réaction arabe d’autant que les terres achetées par les juifs appartenaient, auparavant, aux villages dépossédés pour n’avoir pu payer les impôts.
> Inversement, les implantations juives furent source de revenus pour les populations arabes : main d’œuvre, voire gardes

Dans les ville, les juifs, plus nombreux, sont perçus comme de dangereux concurrents
> Avant 1914, tout cela conduit à l’émergence progressive d’une opinion publique arabe

P95 le mandat britannique

Les années 20 voient les arabes s’organiser sur le plan politique, dans le cadre du mandat et s’opposer au projet sioniste. Mais vers la fin des années 20, la religion fut mise en avant pour ratisser plus large, à partir du problème des prières juives au mur des lamentations, soit sous l’esplanade des mosquées.

P 107 disparition progressive des vieilles associations islamo-chrétiennes tandis que la dimension musulmane augmente dans le nationalisme arabe palestinien.

Là dessus, avec le début des années 30, le nombre d’immigrant juifs augmente nettement
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P 141 Creation de l’état d’Israël et sa guerre d’indépendance

Le récit semble différent de celui des nouveaux historiens et semble minimiser le rôle d’Israël dans la Naqba de l’hiver 47-48.

P154 dès le début des hostilités « tous ceux qui en avaient les moyens avaient préféré (...) émigrer ». par la suite, les habitants des villages reçurent l’ordre de partir « de leurs commandements locaux et de leurs dirigeants politiques (…). La peur de possibles atrocités (comme à deir Yassin) provoqua l’évacuation de plusieurs villages (d’autant que) les dirigeants (des pays arabes voisins encourageaient) les arabes palestiniens à quitter leur foyer »
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> P 166. « En ce qui concerne les arabes palestiniens, « bien qu’aucun ordre, sur l’un ou l’autre front, ne fut jamais donné de les chasser » (...) un grand nombre choisit de « fuir spontanément » »
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> 168. Ce sont les Palestiniens « qui, les années suivantes, allaient attiser les flammes et commémorer les conséquences de cette nakba : d’abord dans le deuil, puis en tant que terroristes en quête de revanche »

171 Israël et sa minorité arabe

Les états arabes « s’abstinrent, donc, d’intégrer les réfugiés en leur sein, et les aidèrent à s’infiltrer en Israël pour regagner les lieux dont ils étaient originaires »

195 Israël et les Palestiniens

Après la guerre de 67 et l’occupation de la Palestine, Israël applique une politique libérale envers les Palestiniens des territoires occupés, une politique dite des « ponts ouverts » (les ponts avec la Jordanie), mais les Palestiniens en profitent et sont attirés par le terrorisme. La situation commence à changer quand Sharon arrive au pouvoir et pratique une politique plus dure avec l’implantation des premières colonies.

P 206 La partie est de Jérusalem est légalement annexée à Israël. Ses 70000 hab arabes « jouissaient de tous les services municipaux, ainsi que des avantages de la sécurité sociale israélienne »
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216 Sharon en 2005 fit évacuer tout la population juive de la bande de Gaza pour réduire les frictions avec la population locale, mais les habitants poursuivirent leurs attaques et bombardèrent des localités israéliennes

221 conclusion

Peu d’optimisme sur l’avenir ;

La tension, puis le conflit, entre juifs et arabes en Palestine a progressivement pris la dimension du nationalisme arabe ;

Monde arabe de plus en plus sous l’emprise de la religion.

Difficile de faire confiance aux dirigeants palestiniens et arabes. Mais, si j’ai bien compris, il faut faire confiance à la sagesse juive (la gauche sioniste) pour sortir de l’impasse.

Notesprises par, remarques de C. Fruhauf

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Mis à jour le mercredi 17 avril 2019