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Un bateau palestinien part de Gaza pour dénoncer le blocus israélien

Un bateau palestinien part de Gaza pour dénoncer le blocus israélien

photo : Des militants escortent un bateau palestinien comptant briser
le blocus israélien sur la bande de Gaza, le 10 juillet 2018 (afp)

Raed Abou Dayer, le coordonnateur du Comité national à l’origine de cette initiative
vient de déclarer avoir perdu tout contact radio avec le bateau
quand celui-ci avait atteint les 12 miles.

Un bateau palestinien a pris la mer mardi depuis le port de pêcheurs de Gaza en direction d’un port de Chypre, afin de dénoncer le strict blocus israélien qui étouffe l’enclave depuis plus de dix ans, a constaté un journaliste de l’AFP.
La bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée et contrôlé par le Hamas, est sous un blocus terrestre, maritime et aérien imposé par Israël.
L’Etat hébreu et le Hamas se sont livré trois guerres depuis 2008 et observent depuis 2014 un cessez-le-feu tendu.
Mardi, des centaines de Gazaouis sont venus saluer le départ du bateau qui transportait neuf passagers, dont quatre Palestiniens blessés par des soldats israéliens et des étudiants.
Ces passagers "avec des besoins spécifiques sont empêchés de voyager, de recevoir des soins et de finir leurs études", a affirmé Raed Abou Dayr, coordinateur du comité d’un mouvement baptisé la "Grande marche du retour".
Ils "partent pour affirmer leur droit à voyager" et "nous sommes déterminés à briser le blocus", a-t-il ajouté, précisant qu’ils recommenceraient si jamais la tentative était stoppée.
Une flotte avait déjà pris la mer fin mai, puis avait dû faire demi-tour, l’un des bateaux ayant été arraisonné par l’armée israélienne avant de sortir de la limite de neuf milles nautiques (environ 16 km) fixée par Israël.
"Je pars pour être soigné à l’étranger", a dit l’un des passagers, Mahmoud Abou Ataya, 25 ans, récemment blessé dans l’est de Gaza.
"J’ai essayé de sortir par les points de passage, mais j’ai été refoulé à celui de Rafah (vers l’Egypte), même chose au point de passage d’Erez" vers Israël, a-t-il expliqué, précisant que le traitement nécessaire pour sa blessure à la jambe était indisponible dans l’enclave.
Depuis le 30 mars, les Gazaouis manifestent le long de la barrière qui sépare l’enclave d’Israël afin de dénoncer le blocus israélien et pour exiger le retour des réfugiés palestiniens chassés ou qui ont fui de leurs terres en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël.
Au moins 139 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne et plus de 4.000 blessés par balle. Israël a justifié sa riposte en affirmant qu’elle était nécessaire pour défendre ses frontières et arrêter les infiltrations.
Lundi, Israël a annoncé la fermeture du seul point de passage de marchandises entre l’Etat hébreu et la bande de Gaza, une réponse aux cerfs-volants et ballons incendiaires lancés depuis l’enclave et qui ont brûlé des centaines d’hectares sur le territoire israélien.
La fermeture du point de passage va aggraver la situation humanitaire déjà très précaire à Gaza, où plus de 80% de la population est tributaire d’une aide, selon la Banque mondiale.

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Mis à jour le jeudi 19 juillet 2018